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| Synthèse réunion: Corti 26 avril 2008 |
| | Faisant suite aux élections municipales du mois de mars dernier, Via Prugressista a réuni ce jour, les protagonistes qui ont participé à l’émergence des progressistes, évènement majeur de notre politique insulaire. On pouvait compter parmi l’assistance fournie qui s’était déplacée des quatre coins de l’île, des nouveaux maires et conseillers municipaux tels que Jean Charles Orsucci nouveau maire issu du groupe Bonifacio 21, Jeannine Boschi et Jean Pierre Ciabrini de la liste « Altrimente » de Porti Vecchju conduite par Jean Christophe Angelini, Jean Pierre Cristofari de la liste « Insemme per Bastia » conduite par Gilles Simeoni, ainsi que des conseillers territoriaux tels que Pierre Chaubon et Jean Christophe Angelini.
L’objectif de cette réunion consistait à engager une réflexion sur les voies d’un rapprochement politique de l’ensemble des forces vives se réclamant d’une démarche progressiste afin d’établir un état des lieux permettant d’envisager l’avenir.
Ce débat devait se dérouler en deux temps: une expression individuelle de chacun des participants puis, un débat.
Tour à tour les conseillers municipaux ont fait état de l’esprit de leur démarche. Issus de la gauche corse, ils ont résolument choisi de participer à des listes offrant une ouverture sur leurs idées. Cet engagement a été dicté par un « ras le bol » d’une structure politique qui les enfermait dans un mode électoral aux bénéfices exclusifs des éternels élus du clan. Leur volonté de servir les citoyens était auparavant en prise aux accords électoraux décidés par les seuls chefs de clan. Ils étaient tenus en dehors du débat par une règle du jeu partisane où clan de gauche et clan de droite trouvaient toujours moyen de s’arranger. Dans ces alliances de pouvoir, certains l’ont soulevé et la preuve en a été donnée : la gauche a rendu un sérieux coup de main à la droite portovecchiaise, sans elle, la municipalité aurait aujourd’hui changé de main. Néanmoins, de l’avis de tous ces nouveaux élus, la chose à retenir c’est l’espoir qu’a fait naître leur démarche, validée par des scores exceptionnels. Les résultats ont prouvé qu’ils avaient eu raison de s’engager, comme avaient eu raison, tous ceux qui, lors de ce dernier scrutin avaient pris ce même chemin. Nombre de municipalités ont ainsi été gagnées. Ce qui est remarquable, c’est que cette démarche a touché tous les bords politiques et Les blocs bien installés sur l’ensemble du territoire insulaire, subissent depuis l’élection présidentielle des dissensions internes. En Corse, la droite a donné l’image d’un appareil en bout de course, incapable de relever le défi du renouveau. A gauche, certes les élections ont validé les maires les plus puissants. Mais dans un contexte où l’alternance n’était souhaitable ni souhaitée, où le pouvoir élyséen nourrissait un fort mécontentement, le citoyen a préféré renforcer les appareils en place. Dans ce cas de figure, il est évident qu’il était très difficile pour les progressistes qui venaient d’émerger de pouvoir renverser les citadelles éminemment gardées. Chez les nationalistes, la rupture est aujourd’hui consommée.
Comme l’a rappelé Jean Charles Orsucci : la mairie n’est plus une combinaison d’appareils, ni même une simple combinaison gagnante de personnalités, fussent-elles issues de nombreux courants politiques. Elle est le fruit d’un travail de longue haleine, d’une installation sur le terrain, une place prise au sein de l’opposition, des résultats compromis, mais aussi l’aboutissement d’un maillage politique. Ainsi à Bonifaziu, les procurations n’ont pas pénalisé la nouvelle équipe, alors qu’à Porti Vecchiu et surtout à Bastia, elles ont « plombé » le résultat. Il en ressort donc qu’un espoir est né et que le mouvement progressiste se trouve dans un espace qui risque fort d’être gagnant dans les futures années.
Mais qui sont ces progressistes ? Peut-on classer sous ces vocables les nationalistes, les gens de gauche et de droite ?
Plusieurs aspects ressortent d’une définition du concept. Le refus du système clanique et son corollaire clientéliste. Le progrès qui doit servir à toutes les composantes de la société sans exception. La Corse qui est notre atout que l’on se doit de préserver et de la mettre en valeur. Le progrès est social et il ne peut exister qu’une voie vers celui-ci, celle de la démocratie.
L’expression ne pourra donc passer que par le biais des échéances électorales. Les progressistes devront les affronter. Ils leur faut donc trouver le chemin et se rassembler. Rechercher les conditions de ce rassemblement, car il y a urgence. La Corse est en panne. Les institutions ne sont pas utilisées, le PEI et le PADUC sont à l’arrêt et la démocratie en grande difficulté. Face à ces problèmes la Collectivité territoriale est, de l’avis de tous les participants, l’outil qui permettrait le bond qualitatif nécessaire à notre avenir. Pour Pierre Chaubon, les progressistes ne peuvent pas se satisfaire d’un système qui tourne le dos à ce qui est le cœur de toute politique : le social et la culture. A l’heure où Aimé Césaire vient de disparaître il faut lui donner acte d’avoir à travers le parti progressiste martiniquais donné corps à sa « négritude ». Pour le conseiller la phase des Territoriales est ouverte. Les états-majors sont déjà en route vers 2010 et nous savons que la clé de voûte politique de la Corse est la CTC. Devant une échéance aussi importante, gagner est impératif et pour cela il faudra une coalition de toutes les forces progressistes. Il nous faudra réfléchir à un contenu afin de nous tenir prêt lors de ce fameux troisième tour de l’élection territoriale. Il ne faudra pas décevoir. Le changement de la Corse sera radical parce que démocratique.
Face à notre destin, nous pourrons effectuer alors les choix nécessaires, encadrés par un contexte financier difficile. Nous renégocierons le PEI car aujourd’hui nous devons faire le constat d’une erreur monumentale. En acceptant le financement à la hauteur de 30% de participation, la collectivité est prise au piège de l’emprunt. La Corse ne peut plus aller au-delà. Mieux vaut aujourd’hui abandonner le montant total au profit de projets plus ciblés, mais totalement financés par l’Etat. Il faudra aussi user de tous les outils présents dans notre statut et jamais utilisés. Principalement l’adaptation réglementaire. Il nous faudra rechercher les recettes, la Corse ne peut se satisfaire de l’assistanat, il faudra entreprendre et aller de l’avant. Dans ce contexte il paraît évident que pour progresser nous devrons revisiter nombre de dossiers tels que l’énergie, les transports, le foncier, le logement, les nouvelles technologies et la ruralité… Il sera également de notre devoir de faire, avec tolérance et esprit d’ouverture, de notre identité, de notre langue, de notre culture, des atouts majeurs de notre île.
Pour Jean Christophe Angelini, qui se situe dans le camp du progrès, ce qui importe politiquement sera la méthode que nous utiliserons pour parvenir à gérer notre pays. Il faut sortir de l’incantatoire, débattre du fond pour projeter ensemble. D’abord il y a les valeurs que nous partagerons, qui sont celles, universelles, des humanistes. Ensuite il faudra dégager les moyens à mettre en œuvre, alors nous pourrons nous fixer des objectifs communs.
Le débat doit être maintenant stratégique. Arriver aux responsabilités ne souffre ni bricolage, ni tactique. Il faut s’organiser sur deux plans : sur les valeurs et sur le projet. Concernant les convergences, elles se feront au deuxième tour des élections territoriales et au troisième tour, il faudra dégager une majorité de progrès. Nous ne pouvons pas, au départ, brouiller les repères idéologiques, les citoyens ne comprendraient pas. Mais il faut rester vigilant quant au mode de scrutin. Notre stratégie en dépend, on ne pourra pas fonctionner de la même façon avec une barre à 5% qu’avec une à 10%. Les progressistes sont donc aujourd’hui devant leur destin politique.
Certains, à gauche comme à droite, pensent que le camp du progrès pourrait étayer sa démarche avec la participation de quelques « poids lourds » de la politique, d’autres affirment au contraire que ni le peuple ni leur conscience n’accepteront de refaire « le coup » de recettes surannées.
Jean Pierre Cristofari, conseiller municipal de Bastia, considère « que l’on a rien à attendre des élus en place et qu’il faut continuer le travail politique pour ne pas décevoir nos électeurs qui en ont assez des compromissions des élus de tous bords ».
Les progressistes prendront donc leurs responsabilités, ceux qui sont issus de la gauche se réuniront pour établir un appel et ceux issus de la Droite, s’organiseront de la même façon.
Le temps nous est compté. Ainsi, un appel en une dizaine de points sera élaboré par une commission qui organisera sur un laps de 12 mois, les réunions qui mettront en place les bases de notre projet politique. Les listes progressistes pourront alors être formées avec les protagonistes de la démarche.
Pour Vincent Carlotti « nous devons être ambitieux mais aussi réalistes, la prise du pouvoir ne peut se faire qu’à ce prix ». La réalité nous obligera à faire un point dans le temps qui nous permettra de faire un bilan d’étape réaliste, il envisagera alors la faisabilité des projets de listes et considèrera le mode de scrutin. Si les conditions sont réunies, le groupe décidera alors de lancer sa campagne, sinon il envisagera d’autres modes de convergence et repensera la stratégie et les alliances nécessaires.
De l’avis de tous les participants un espace politique existe et nous devons l’investir. De ce fait, très rapidement une commission se réunira à Porti Vecchiu pour élaborer l’appel qui se sera popularisé et médiatisé. Un débat qui aura pour thème « La droite progressiste, état des lieux et perspectives » sera également organisé à Bastia dans le courant du mois de juin.
Nous possédons aujourd’hui une méthode, nous avons une feuille de route. Il reste aux progressistes à bâtir la réussite d’une démarche qui aboutira en 2010.
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| MAIN BASSE SUR UNE ILE |
| | Via Prugressita a participé à deux débats qui se sont déroulés dernièrement à Corte et à Calvi dont le thème était « Le foncier en Corse ». Le premier et le second débat ont été animés par l’association « U Levante ».
Le débat a porté essentiellement sur le foncier littoral et agricole en Corse mais aussi sur le futur PADDUC.
Ce qui nous a été présenté à travers un diaporama est véritablement édifiant. Il apparaît que de nombreux sites remarquables sont aujourd’hui déclassés et en situation d’être constructibles. Comment cela est possible ? Grâce à une supercherie qui permet, en changeant l’échelle des cartes, d’extraire des zones qui en 1979 étaient classées remarquables.
A qui profite la supercherie ? Soyons clairs, pas au simple citoyen mais à des groupes constitués derrière des sociétés qui mettent en place des hommes de paille. Car le marché est énormément juteux. Dans un nombre important de cas on peut parler de mafia, dans d’autres de sociétés multinationales.
La situation est grave car aujourd’hui nombre de PLU s’élaborent et certains englobent déjà des sites remarquables. La signature du PADDUC qui est proposée à la signature des élus territoriaux entérinerait de façon irrémédiable les constructions sur les sites remarquables. Plus globalement il apparaît que tout le secteur foncier est en ce moment sujet à une énorme pression spéculatrice. Cette pression touche par ailleurs les terres agricoles qui sont hors de prix rendant impossible toute exploitation nouvelle. Là aussi, la protection des zones agricoles ne joue plus, nombre de terres sont aujourd’hui constructibles et évidemment les terres sujettes à la spéculation font partie des meilleures de Corse.
Face à cette situation, à tant d’irrégularités nous sommes ahuris par l’énorme passivité des pouvoirs publics. Nous sommes dubitatifs quant à la confiance à accorder à l’exécutif territorial et aux Préfets qui, pour le moment, laissent s’installer le désordre, l’arbitraire et la spoliation.
Aujourd’hui il paraît urgent de tout mettre en œuvre pour empêcher la vente de notre patrimoine mais aussi de réfléchir à l’ensemble de la problématique foncière de la Corse. D’autres îles de la Méditerranée ont pris à l’instar de la Sardaigne, des dispositions importantes en renforçant radicalement la réglementation et les interdictions de construction sur leur littoral. Le problème des résidences secondaires y a été posé et résolu par une nouvelle réglementation fiscale après une large consultation de la population.
En Corse, comme d’habitude, nous n’avons pas été sollicités et les grandes décisions ont été prises dans les bureaux d’études en directe concertation avec les municipalités incriminées et l’Exécutif territorial.
De l’avis général, tant à Corte que durant la réunion de Calvi, il faut informer la population sur le déclassement des sites remarquables de notre patrimoine et bâtir avec elle une opposition citoyenne à ces actes de non-droit et d’escroquerie. Des propositions ont déjà été formulées, elles devront être validées par les associations et les citoyens concernés par cet état de fait. La création d’un collectif, tel celui « contre l’incinérateur » serait de nature à porter notre opposition à la politique foncière menée en ce moment en Corse.
Tant à Corte qu’à Calvi les débats ont été animés et empreints d’une grande responsabilité. La volonté des participants a été claire et de nombreuses voix se sont élevées pour dire : OUI A UN PADDUC qui devra convenir aux conditions suivantes :
1) Ne pas accepter le déclassement des sites remarquables
2) Etre en phase avec les conclusions du Grenelle de l’environnement.
3) Que la question foncière trouve une réponse pour que le patrimoine de la Corse ne disparaisse pas au profit de l’affairisme. .
D’ores et déjà un tract circule et des réunions sont prévues. Nous vous informerons dès que les dates seront arrêtées.
Quelle conclusion et quelle stratégie ?
La classe politique au pouvoir est aujourd’hui disqualifiée. La situation sociale est préoccupante, la tentation de vendre la terre n’est donc pas une menace en l’air, le tout tourisme serait la ligne de fuite du système pour se sauver. Face à ce constat les citoyens de Corse doivent trouver l’énergie pour infléchir cette tendance funeste. Dans cette volonté de préserver l’essentiel aux futures générations, de penser le progrès en phase avec nos atouts et nos valeurs nous sommes nombreux, issus de tous les horizons politiques. Le combat contre la spéculation et la spoliation de la terre de Corse n’est donc pas perdu car nous sommes résolus à empêcher l’inacceptable !
A terra Corsa un hè à vende !
Via Prugressista
Coordonnateur Pascal Vivarelli, portable : 06.20.04.75.10.
Mail : via.prugressista@hotmail.fr
Blog : http://viaprugressista.oldiblog.com
Il est rappelé que vous pouvez populariser cette liste de diffusion en transférant cette synthèse à tous ceux qui sont intéressés par le thème ou la démarche. De même, qu’à tout moment, vous pouvez demander au coordonnateur l’arrêt de toute communication nouvelle. Dans ce cas, votre contact sera automatiquement enlevé de la liste de diffusion.
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| Synthèse Jean Toma, Carolina Casimiri, mars 2007 |
| | Via Prugressita a réuni un débat citoyen sur le thème : « la Gauche et la Droite de Corse sont-elles anti-progressistes ? » Invités pour animer ce débat, Jean Toma, maire de Sari Sulinzara, Président de la fédération territoriale corse de l'UDF et Carolina Casimiri vice-présidente du parti républicain et radical (Valoisien).
L’état des lieux en France
Pour Jean Toma le contexte des présidentielles nous permet de mieux appréhender la situation locale, en effet au niveau national, en abordant la problématique sociétale sous l’angle du nationalisme, la Droite comme la Gauche se protègent et nous trompent sur les véritables solutions. La France, même si elle peut revendiquer une place de cinquième puissance doit relativiser sa position. Face à la mondialisation elle ne pourra pas, seule, endiguer le capitalisme sauvage et la prégnance des milieux financiers sur l’économie à la recherche de bons coups et de coûts bas en délocalisant et en investissant massivement avec des fonds de pensions. Elle ne pourra pas non plus empêcher la Chine et l’Inde de se tailler une part de lion sur notre marché et n’évitera pas non plus que ces dernières se lancent à moyen terme dans des prestations intellectuelles qui entraîneront l’ultime catastrophe économique. Pour Carolina Casimiri, la Gauche et la Droite sont prisonnières de leurs idéologies de leur centralisme républicain. L’Europe est aujourd’hui un marché de 500 millions d’habitants avec le plus grand pouvoir d’achat du monde. Cet ensemble est le seul à pouvoir négocier avec l’OMC dans le respect des droits sociaux et des droits de l’homme. En écartant volontairement ce sujet essentiel les partis politiques démontrent que leur vision par rapport à la société se restreint à leurs seuls intérêts nationaux. L’enjeu véritable est de faire basculer la France dans la modernité et non de renforcer les immobilismes et les tensions.
L’état des lieux en Corse
Ce qui caractérise la Gauche et la Droite de Corse au regard de ce qui vient d’être dit au plan national c’est une grande dépendance vis-à-vis de l’Etat et sa volonté d’immobilité. Le système en Corse regroupé autour de deux clans principaux a toujours négocié avec celui-ci, principalement des emplois publics. Dans une telle situation, face aux problématiques énoncées auparavant la Corse subit de plein fouet les effets de la mondialisation, la Gauche et la Droite ne peuvent répondre aux enjeux de l’avenir. Préoccupées par leur propre réélection, les solutions urgentes de mutation ne sont pas prises, pire elles sont refusées. La preuve en est l’échec du référendum sur le statut particulier ou il est apparu évident que les clans freinaient des quatre fers pour qu’aucune évolution ne puisse voir le jour, bien aidés par le peu de mobilisation des nationalistes qui de fait ont fait le choix du statu quo. La Gauche et la Droite s’appuient sur les deux gros vecteurs susceptibles de fournir de l’emploi: le secteur public et les BTP. Aujourd’hui les collectivités explosent leurs budgets de fonctionnement laissant peser une grande menace sur l’imposition des citoyens. Cette politique entraîne la population active vers l’entonnoir d’un marché de l’emploi saturé. Il existe un accord tacite entre la Gauche et la Droite. Cette situation est évidente à l’Assemblée Territoriale. L’UMP minoritaire est aux affaires grâce au PRG laissant un arrière gout aux électeurs qui avaient pourtant voulu le changement. Aujourd’hui la CTC ne gère rien et n’assume aucunes de ses compétences majeures. Le féodalisme caractérise la Gauche et la Droite ce qui se traduit par un assujettissement vis-à-vis de l’Etat et un asservissement du peuple. L’homme de Corse est considéré comme un client et non comme un citoyen. Comment dans ce tel cas de figure envisager un quelconque progrès?
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Que faire ?
Au niveau de la France les Institutions ne sont plus adaptées aux exigences de la société. Une réforme des institutions s’impose. La France doit devenir véritablement fédérale avec une représentation qui admet une dose de proportionnelle. Le parlement doit être le reflet de la société à travers sa diversité sociale, culturelle et politique. Plus que l’Etat nous devons remettre en cause l’aristocratie parisienne, les faits du prince, le cumul des mandats en nombre et en durée, la multiplication des échelons administratifs sources de l’augmentation inexorable de nos impôts. Arrêter de confondre emplois public et Service public, privilégier et soutenir l’émergence des initiatives entreprenariales des PMI et des PME. Ce qui est valable pour l’hexagone l’est tout autant pour la Corse. Nous sommes aujourd’hui un territoire sous développé et caricatural au niveau organisationnel. Dans ce contexte force est de constater qu’il est aujourd’hui impossible de faire confiance à la Droite et à la Gauche pour initier le progrès. Le compte n’y est pour personne. Ni pour les gens de sensibilité libérale car aujourd’hui la libre entreprise n’existe pas en Corse, ni la concurrence. Le système en place est totalement défavorable à une libéralisation des énergies créatrices d’emplois. Le patrimoine ne peux être valorisé, l’investissement n’est ni favorisé ni protégé, les risques sont majeurs! Ni pour les gens de sensibilité sociale car l’emploi est précaire, l’assistanat important, le chômage est énorme et favorise le clientélisme, les prix sont élevés et le pouvoir d’achat plus bas que sur le continent. La condition des salariés et particulièrement celle des femmes est peu enviable, le niveau de qualification et ses marges de progression sont très faibles. Pourtant au regard des différentes élections, principalement dans les villes, les résultats démontrent qu’une majorité d’hommes et de femmes en Corse sont libres. Il existe donc un réel espoir.et il faut s’en persuader. Malgré un système de mise sous tutelle, de fraudes et d’intoxication tout est possible. La défaite de la Droite à Ajaccio aux dernières municipales, celles de Bastia et les dernières Territoriales sont d’autres exemples qui nous prouvent que les coups sont jouables, que la victoire est envisageable, qu’il suffit pour cela d’être mobilisé, bien organisé et d’avoir une stratégie.
Quelle stratégie?
La classe politique au pouvoir est aujourd’hui disqualifiée. Ce sont des archaïques conservateurs. C’est à partir d’un mouvement de citoyens, de gens libres, respectueux de la démocratie que viendra le changement. Il existe des femmes et des hommes en Corse qui ont ce profil. Ils sont issus de tous les courants politiques : de Gauche, de Droite, de Progressistes, de Corsistes et de Nationalistes. Cela représente un gros potentiel électoral. Il faut rechercher une autre voie et la proposer à tous les citoyens. Des personnalités existent et ont déjà commencé à travailler à l’instar de l’intergroupe à l’Assemblée Territoriale. L’espace Via Prugressista pourrait servir à l’expression, la réflexion et in fine à la mise en place des convergences politiques.
Conclusion
Le PRG et l’UMP mènent inexorablement l’ile à un désastre économique social et culturel d’une grande ampleur. Le système des clans ne génère plus d’emplois ce que la Corse ne peut plus supporter. Pire, l’intrusion de Véolia prouve que ce système prête le flan aux grands prédateurs. Il est nécessaire d’enrayer la paupérisation et sortir des rapports de blocs sources de violences et d’insécurité ! Notre pays a des atouts importants pour réussir son avenir, tout est donc raisonnablement possible.
Le débat a prouvé qu’il existe beaucoup de personnalités et de citoyens qui aujourd’hui espèrent et veulent réussir un projet et la paix pour la Corse. Il est essentiel d’aller vers la concrétisation de cet espoir.
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| Débat Dominique Bucchini, Attac. Bastia février 2007 |
| « Pour un projet qui en Corse
rassemble les idées progressistes »
| La gauche en Corse est-elle progressiste ? », question liminaire pour lancer un débat citoyen qui aura d'abord démontré qu'elle est... plurielle. Beaucoup de monde à la maison des associations, vendredi soir, à Bastia, pour un échange d'idées mais aussi pour dresser des constats, lé bilan d'un certain nombre d'initiatives de la gauche en Corse en présence notamment de Dominique Bucchini, élu territorial, et des représentants d'Attac.
Davantage progressiste pour certains, pas du tout pour d'autres, en particulier « parce qu'autour du PRG s'est développé un esprit de clan et cela résulte de comportements difficilement acceptables en démocratie, souligne Pascal Vivarelli. Pour preuves, le refus de diriger la Corse lors des dernières territoriales et la nouvelle initiative de Nicolas Alfonsi, sénateur de la Corse-du-Sud, de changer la donne électorale au seul bénéfice de son parti ".
Mais la réflexion a aussi longuement porté sur une région où, bien plus qu'ailleurs, « l'écart se creuse entre les riches et les pauvres ", sur un contexte économique que l'on juge catastrophique : " En Corse, 40 entreprises trustent l'économie locale, sur elles pèse la responsabilité de cette situation ".
Pour en sortir et pour en finir avec le clientélisme, on évoque un thème cher : la démocratie participative.
Le Parti communiste en particulier se dit « prêt, avec toutes les forces progressistes, y compris les nationalistes qui sont du côté de la démocratie, à avancer sur un projet pour la Corse. Encore faut-il venir à bout d'un obstacle majeur, la violence qui le signe d'un déficit de démocratie ".
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| débat Jean Nicolas Antoniotti et Jean Marc Cermolacce décembre 2006 |
| L'entreprise corse est-elle progressiste? | Via Prugressita a réuni un débat citoyen sur le thème : « l’entreprise corse est-elle progressiste ? » Invités pour animer ce débat, Jean Marc Cermolacce, entrepreneur dans le secteur du bâtiment, responsable au MEDEF de Corse et Jean Nicolas Antoniotti entrepreneur et responsable de Femu Qui. Jean Claude Guazzelli initialement prévu s’est excusé retenu au dernier moment par une réunion à la CTC de la commission des finances au sujet de l’Université de Corse.
L’état des lieux
Dans un premier temps un état des lieux a été fait de l’entreprise corse. On peut distinguer quatre types d’entreprises sur l’ile. Le premier type regroupe les entreprises filiales de grandes enseignes, c’est là où, en général, la situation sociale des salariés est la plus favorable, où sont implantés les syndicats représentatifs du secteur privé et où de rares comités d’entreprises existent. Le deuxième type d’entreprise regroupe toutes celles qui sont en situation de monopole. Certaines fonctionnent à 95% avec des fonds publics et sous traitent à d’autres entreprises. Elles sous traitent en particuliers aux entreprises que l’on classera dans un autre type et qui sont caractérisées par un actionnaire unique qui est le propriétaire de l’entreprise. Très généralement de petites tailles, vulnérables, difficilement transmissibles ou vendables, c’est dans ces entreprises que le dialogue social est le plus mal aisé. Ces petites unités sont soumises à la pression constante, les trésoreries y sont fragiles, elles ne sont pratiquement jamais aidées par le système bancaire. Il existe aussi un dernier type d’entreprises en pleine expansion que l’on nomme sociales et solidaires, elles sont issues du monde associatif et représentent 10% des salariés de Corse. Leur objectif n’est pas le profit mais le service aux personnes. Les organisations syndicales y sont très souvent présentes.
La Corse se caractérise donc et surtout par un secteur privé de très petite taille avec une grande majorité d’entreprises de petites dimensions, c’est dans ce secteur ou la situation est le plus difficile pour les salariés.
Ceci étant, l’entreprise en Corse ne peut se réduire au seul dialogue social. Le secteur privé dénote surtout un sous-développement à tous les niveaux, la problématique c’est donc de résoudre cet état de fait en répondant à la question majeure: « l’entreprise peut-elle se développer en Corse et peut-elle être un élément de progrès ? »
Les obstacles et les résistances
La Corse n’a pas de culture d’entreprise, l’économie est très liée au politique. Les phénomènes du clientélisme et de l’assistanat phagocytent tous les secteurs d’activité comme l’ensemble de la société insulaire, indéniablement ces phénomènes sont des freins au développement. L’ensemble du secteur et son organisation (chambre des métiers, chambre de commerce) sont tétanisés par ces freins et ne jouent pas véritablement leur rôle auprès des entreprises. Les organisations syndicales, patronales ou de salariés sont elles-même caractérisées par un lien extrêmement étroit avec les pouvoirs politiques. L’entreprise corse est soumise comme l’ensemble de la société insulaire à un système qui s’apparente au féodalisme. L’archaïsme et le conservatisme prévalent trop souvent ce qui est antinomique avec l’esprit même de l’entreprise. La concurrence dans un tel système n’existe pas ce qui génère des coûts élevés et des prix au-delà de la moyenne nationale. On peut noter aussi au chapitre des obstacles à l’entreprise en Corse : la faiblesse de l’aide du système bancaire, un système fiscal mal adapté et la violence.
La Corse doit impérativement rechercher les conditions favorables à l’expansion de son secteur privé. Les collectivités ont un rôle majeur en l’état. La seule vision libérale du laisser faire nous le voyons, ne peut porter ses fruits. L’économie a besoin d’être accompagnée par des mesures politiques et force est de constater que le compte n’y est pas…
Soutenir l’entreprise c’est résoudre le problème de l’indivision, réfléchir à un système fiscal favorable à son développement, tirer les conséquences de la zone franche et opter pour un système qui ira au-delà de la seule préservation de l’entreprise. Développer la formation interne à l’entreprise (qui est faible et qui manque d’anticipation) en utilisant des filières innovantes. Adapter la formation continue et mettre en place une évaluation régulière.
Ce dont il est question c’est d’organiser l’expansion et favoriser la croissance du secteur privé. A ce titre il faut considérer que secteur bancaire ne nous est pas favorable. Tournée vers les traditionnelles opérations de crédit et de dépôt, la banque ne remplit pas son rôle d’acteur économique. En n’investissant pas, elle favorise de facto la fuite de nos richesses. Dernier point éminemment important : la violence. Cette violence qui prend l’aspect de la destruction de biens et du racket, gèle toute velléité économique dans de nombreux secteur du privé.
Les atouts et les potentialités
Pourtant la Corse a des atouts. Elle est riche de son patrimoine, de son écologie, de son épargne et de sa matière grise. De nouveaux outils financiers tel le FIP (fond d’investissement de proximité) viennent de voir le jour. Des infrastructures existent pour permettre la formation des hommes, lycées professionnels, instituts de formation, CFA, université. Des exemples de réussites industrielles attestent que l’on peut entreprendre et que l’on peut développer de multiples secteurs. Femu qui (avec un capital social de plus de 3 Millions d’Euros et 2100 petits porteurs privés) a prouvé, que tout est possible en Corse et qu’il n’y a pas de fatalisme. L’espoir est donc possible avec des entreprises solidaires et le progrès aussi.
Versus l’entreprise que pourrait être le progrès ?
Le progrès, ce serait de créer des richesses qui pourraient profiter à tout le monde : l’entrepreneur, le salarié, la société toute entière. Cela sous-entend une libre entreprise, une justice sociale, une liberté de conscience dans l’entreprise, des salariés payés à leur juste valeur, une formation initiale et continue de qualité, une participation du salarié au destin de son entreprise.
Il faut rompre aussi avec les clichés selon lesquels il y aurait des bons patrons et des mauvais salariés ou des mauvais patrons et des bons salariés. De même il faut cesser de croire que l’entreprise est le pré carré de la droite et que les salariés celui de la gauche. Ce qui est évident, c’est que le marché évolue, que la mondialisation a aussi des conséquences dans l’île, que l’Etat se désengage, que la fonction publique ne crée plus d’emplois. Face à ces évolutions, l’intrusion de Véolia dans notre paysage économique démontre à souhait les risques qu’encourent notre économie et le rôle négatif qu’a joué, à de multiples occasions, notre Assemblée Territoriale prise au piège d’un système politique basé sur l’immobilisme et ses propres intérêts de clan.
Entre réalité et obstacles, la voie du progrès existe.
Cette voie implique un engagement majeur des décideurs de ce pays. Une rupture avec le système féodal s’impose. Penser l’entreprise et son évolution nécessite une vision globale, territoriale, respectueuse des lois, de la réglementation, du respect des individus et de leur organisation sociale. Penser les infrastructures technologiques et l’ingénierie territoriale d’appui et de promotion, les transports de demain, l’ouverture sur la méditerranée et sur l’Europe. Aucun saupoudrage, ni bricolage ne suffiront à promouvoir les entreprises insulaires. La Corse a besoin d’un projet réfléchi et débattu démocratiquement, d’une volonté politique forte et ambitieuse. Le débat a prouvé qu’il est possible d’espérer et de réunir les acteurs économiques autour d’un projet pour la Corse. Il faut concrétiser l’espoir. Cela passera par une évolution politique au niveau territorial. Et surtout cela passera forcément par la paix…
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| Débat Pierre Chiarelli Jean Charles Orsucci |
| « Y a-t-il des progressistes pour changer le système ? »
| Autour du thème « Y a-t-il des progressistes pour changer le système ? », Gauche corse – Manqua corsa à réuni dans un débat citoyen deux témoins, acteurs de leur vie politique locale. Tous deux dans l’opposition municipale, l’un bastiais, l’autre bonifacien, deux élus partageant une même caractéristique : ils rassemblent et désirent rassembler autour d’eux des personnalités et des électeurs venus d’horizons différents. Ils se situent volontiers dans ce que nous pourrions appeler le mouvement progressiste. Une occasion intéressante de débattre du progressisme en corse, d’obtenir à travers ces acteurs politiques de terrain, des explications sur leurs démarches et réfléchir, à travers leurs expériences et leur engagement personnel si leur action politique en dehors des partis, ne renforce pas le système. In fine, interroger ces élus sur leur méthodologie de construction d’alliances et la mise en place d’une dynamique ?
Dans un premier temps, les deux témoins ont précisé leur conception de la politique. Jean Charles Orsucci se présente comme un membre du parti socialiste en marge de sa fédération de corse du sud, favorable a une décentralisation poussée jusqu'à l’autonomie. Il revendique un lien intellectuel avec son ancien professeur de l’université : Claude Olivesi. Il compare Bonifacio à une citadelle régentée par un potentat local, affilié au clan Rossa Serra. Pour lui, le terrain local permet à la politique sa véritable expression « c’est avec les citoyens que s’organisera notre avenir ».
Pierre Chiarelli est lui aussi un ancien du parti socialiste. Contrairement à Jean-Charles Orsucci il assume pleinement sa rupture « avec un parti qui, localement est totalement inféodé au clan Zuccarelli et dont les pratiques politiques sont aux antipodes de celles que nécessite le changement ». Il considère que Bastia est aussi citadelle et trouve amusant que du nord au sud de l’île l’on retrouve les mêmes caractéristiques politiques. C’est d’ailleurs à travers l’analyse de ces caractéristiques que le peut prouver comment et pourquoi le «clanisme» va à l’encontre du progres. Première évidence, le système claniste est purement électoraliste. C’est même, d’après Pierre Chiarelli « une véritable machine ». Le territoire de Corse est placé en coupe réglée, les maires sont sollicités, le nœud c’est le conseil général. En dehors des périodes électorales, il n’existe aucun fonctionnement, ce système qui ne repose pas sur la démocratie permet à ses membres les plus éminents de détenir l’économie, essentiellement basée sur les travaux publics et le commerce. De plus ce système laisse émerger progressivement mais inexorablement le milieu ce dont visiblement il s’accommode. fort bien… Le clan distille l’emploi, principalement public. Le clientélisme en Corse est la pratique commune. « La promesse d’un travail, un petit boulot, un simple stage suffit à faire tourner le machine. » Voilà le constat qui s’impose. La Corse fonctionne comme il y a cent ans. Aujourd’hui ce système archaïque est éminemment contre productif, il va à l’encontre d’une politique de l’emploi et d’un décollage de notre économie insulaire. C’est pourquoi, lutter contre ce système équivaut à lutter pour le progrès car sans une rupture avec le système il ne pourra pas y avoir d’espoir. Les progressistes doivent être les catalyseurs du changement, ce changement qui ne peut reposer que sur la seule volonté du peuple, à travers la démocratie. C’est aussi pourquoi, malgré nos convictions personnelles, le seul véritable clivage qui compte, n’est pas en Corse le clivage droite-gauche-nationaliste mais « pour ou contre les clans ».
Critiquer l’embauche locale ou aller à l’encontre des promesses électorale n’est-ce pas suicidaire ?
Pour Pierre Chiarelli il faut une justice sociale. L’embauche a des fins électorales met l’élu en porte à faux, il devient captif des groupes de pression. Sa seule stratégie possible c’est l’immobilisme sinon il y a forcément pour Pierre Chiarelli un effet « boomerang » comme dans le conflit des policiers de Bastia. La tentation serait pour ne pas déplaire tout simplement cette taire. Pour Pierre Chiarelli il est nécessaire de dénoncer car c’est la seule façon d’exister sinon on est mort politiquement. c’est même une impérieuse responsabilité pour Jean-Charles Orsucci « la Corse ressemble aujourd’hui à une république bananière où le droit est bafoué en permanence. En Corse du sud, de façon visible, on peut affirmer qu’il y a collusion entre l’Etat et les élus pour contrer les lois de la République. La loi littorale en est la preuve malheureuse. L’effet boomerang c’est aussi la réponse égoïste de l’ensemble des acteurs économiques « l’intérêt particulier passe toujours avant l’intérêt général. De ce fait on ne peut pas s’étonner des blocages à répétition de l’île, parfois par quelques poignées d’individus. La Corse est malade de son rapport social, dans ces conditions le sillon de la violence ne peut que se creuser davantage. la Corse est tétanisée par ces comportements, plus personne n’ose se rebeller… Il y a un réel danger pour la démocratie !
La Corse est-elle tout simplement complètement a droite ?
Le système claniste est inséré dans la société libérale qui s’étale sur le monde. Nous cumulons une double difficulté. Pourtant lors des dernières élections territoriales le peuple a voté majoritairement contre la droite, le contexte national avait joué, le peuple avait choisit alors en sanctionnant la droite, donné mandat aux opposants pour créer les conditions d’un nouveau pouvoir politique territorial.. Malgré cela, les leader politiques n’ont traduit cette volonté démocratique. Le clan de gauche représenté par le P.R.G avait bloqué toute velléité d’alliance, préférant laissé le clans de droite gérer minoritairement le territoire de corse. Le peuple qui avait voté un changement qi allait dans le sens du progres avait alors été floué.
Comment réussir localement et faire perdre les clans ?
Pour Jean-Charles Orsucci et Pierre Chiarelli « les progressiste doivent fédérer leur énergie » au niveau local c’est un programme de gestion devra être le support d’alliance. Pierre Chiarelli pense que cette stratégie portera ses fruits et prédit la chutte de nombreuses Citadelles…
Des alliance avec qui ?
Il ne peut y avoir des dogmatisme. Pour Jean-Charles Orsucci « puisque nous avons dit que le clivage se situait entre les clanistes et les progresistes, l’éventail est large , seul comptera l’éthique des candidas à l’alliance .» Pour Pierre Chiarelli « sont exclus les antidémocrates, les partisans du système et de la violence nocturnes» . Il est précisé aussi par nos deux témoins que le programme de gestion ne devra pas sombrer dans le populisme, qu’en aucune façon il ne faudra donner prise à des comportements anti- humaniste, voire racistes.
La stratégie locale est elle transposable régionalement ?
Certainement de l’avis de nombreuses personnes. L’exemple donné par nos deux élus prouve que toute stratégie d’alliance et de convergence doit trouver ses racines sur le terrain local . Le citoyen doit en être la pierre angulaire.
Quelle méthodologie ?
Il faut rependre la proposition de nos deux élus. C’est à travers un réseau de citoyens, d’élus progressistes, munis d’un contrat de gestion, d’une plate-forme que nous pourrions avancer.
Gauche corse-Manca corsa se propose donc d’aider à l’élaboration de la convergence. Il pourra être soumis aux différents témoins ayant participé aux débats, issus de milieux divers et variés du monde politique, économique, syndical, culturel, une plate-forme regroupant les résultats de nos synthèses citoyennes. Un débat avec amendements pourrait alors déboucher sur une plate-forme de convergence politique puis d’alliances.
Cette question méthodologique ayant recueillie un accord du principe, nous procéderons donc à cette élaboration dès le dernier débat prévu à la fin du mois de juin.
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| Débat Vincent Carlotti Jean Charles Adami avril 2006 |
| « ETRE PROGRESSISTE AU PARTI SOCIALISTE » | Autour du thème « être progressiste et être au parti socialiste en Corse », Gauche corse – Manca corsa a réuni dans un débat citoyen deux témoins, acteurs de la vie politique : Vincent CARLOTTI et Jean-Charles ADAMI, tous deux membres du Parti socialiste.
Pour Vincent CARLOTTI il est nécessaire de partir d’un constat. « La Corse se caractérise par un mal absolu : le clanisme ». Pourtant, la majorité des élus sont de gauche, il y a là un paradoxe insupportable car les pratiques qui découlent de ce mal, en particulier le clientélisme, contribuent à l’aliénation du peuple de Corse, ce qui va totalement à l’encontre de la citoyenneté qui est la revendication première de tout mouvement social. « Ce qui est aberrant, pour l’homme de gauche que je suis, c’est de penser que nos partis contribuent à la soumission du peuple ». Pour Jean-Charles AdAMI, l’analyse doit être complétée par le fait « qu’en Corse plus de 50000 foyers ont moins de 600 Euros par mois pour vivre, de facto il est impossible, lorsque l’on est touché par la précarité et le chômage, d’être pleinement citoyen. D’où la situation de crise majeure dans laquelle la Corse est plongée ».
Quelle est la responsabilité du parti socialiste dans cette situation ?
Le système politique est cogéré par les partis de gauche et visiblement malgré les succès électoraux, ces derniers sont incapables d’apporter des réponses claires aux difficultés que rencontre le peuple de Corse. Dans ce domaine le parti socialiste n’apporte rien de pertinent. Certes sa faible place ne lui permet pas d’influencer la vie politique mais au-delà, il faut reconnaître que le P.S. est sous perfusion, il ne vit pas et laisse, à gauche, le leadership au Parti radical sans lui contester une place plus conséquente, plus en rapport avec un parti qui est en mesure, au plan national, de remporter les élections présidentielles. Pour Vincent CARLOTTI laisser le leadership aux radicaux de gauche c’est « entériner la coalition sournoise du P.R.G. et de l’U.M.P. ». Pour lui, la preuve flagrante de cet accord tacite, « c’est l’abstention du groupe radical lors du vote du budget, à l’Assemblée territoriale ». Jean-Charles ADAMI, estime que tant que ce cadre relationnel existera, « tout accord avec le Parti radical devra être considéré comme une régression ».
Alors se pose la question : comment fait-on lorsque l’on est socialiste et que l’on aspire au progrès ?
Il serait sûrement nécessaire de retrouver la posture du P.S. au moment du processus Joxe. Les électeurs socialistes ne doivent pas baisser les bras en acceptant d’être minorés. Les solutions existent, le P.S. doit remettre sur la table ses propositions concernant la décentralisation, le développement économique et la culture. Mais il apparaît surtout, que dans cette situation, il faille rapprocher les hommes qui se situent dans un même espace de pensée. La fracture réelle se situe entre les tenants du Jacobinisme et les autres. Le progrès serait déjà de faire converger les hommes qui, partageant l’esprit de la démocratie, de l’humanisme et de la tolérance, s’opposent au système du clanisme et du clientélisme.
Mais si le parti socialiste ne veut pas participer à cette convergence ?
Pour Vincent CARLOTTI et pour Jean-Charles ADAMI il n’y a pas d’antinomie entre une participation à un mouvement de convergence et une appartenance au P.S. Pour eux, « être au parti socialiste et y être minoritaires n’empêche nullement la liberté d’action ».
Car l’action est nécessaire, il y a urgence, la situation en Corse se dégrade, la précarité, la misère, l’argent facile, la violence, favorisent le banditisme et l’emprise de la mafia. Il y a urgence à créer les conditions d’une rupture significative en Corse. Il est vital de s’opposer au système en place qui est caractérisé par l’emprise des institutions par les clans P.R.G. et U.M.P. mais aussi par l’emprise de la peur sur la population exercée par la mafia et les clandestins. Il est vital de résister, il en va de l’avenir de la démocratie en Corse.
Qui peut organiser cette opposition et comment la réaliser?
Pour Jean-Charles ADAMI « un tiers espace pourrait avoir la vocation de regrouper les forces progressistes et travailler à l’élaboration d’une plate-forme ». Dans un tel cadre Vincent CARLOTTI estime : « qu’aucune convergence n’est à exclure, de multiples exemples existent en Europe, entre autres celui des Baléares doit nous inciter à ne pas avoir de tabous en la matière. En effet, il y a eu pour ces îles une alliance de gouvernement très positive qui agrégeait socialistes, verts et nationalistes ».
Quelle conclusion ?
Le débat sur le thème « être progressiste et être au parti socialiste » à permis de mettre en évidence l’urgence à répondre aux difficultés de la Corse et la convergence nécessaire des hommes de progrès. Tout en restant fidèles à leur parti et à leurs idées, Vincent CARLOTTI et Jean-Charles ADMI, se sont inscrits dans cette volonté. Reconnaissants n’être pas seuls détenteurs de la vérité, ils acceptent la démarche citoyenne et les mains tendues.
Parce que les progressistes existent dans tous les courants politiques et qu’ils sont majoritairement en dehors des partis, il y a urgence à leur offrir de l’espoir en créant les conditions de l’émergence d’un mouvement populaire. Il en va de la responsabilité de tout homme convaincu du bien-fondé de nos propositions, comme il en sera de notre responsabilité, de trouver les moyens d’un débouché politique…
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| Débat Pierre Chaubon Claude Olivesi février 2006 |
| CONVERGER POUR SE DONNER LES MOYENS D’UNE AUTRE POLITIQUE | Après les débats qui tour à tour ont vu se succéder Léo Battesti, Jean Christophe Angelini, Gauche corse – Manca corsa a organisé à Bastia une nouvelle rencontre citoyenne avec comme invités : Pierre Chaubon, élu territorial CSD et Claude Olivesi élu départemental et maire de gauche afin de répondre à deux questions liées à une même problématique : quel avenir pour la gauche ? Quel avenir pour la Corse ?
A ces deux questions, de l’avis général c’est faire au préalable un constat sur la Corse et sur la « gauche » en particulier.
A l’écoute de Claude Olivesi et Pierre Chaubon les indicateurs poussent au pessimisme : précarisation, chômage, crise du logement, cherté de la vie, dégradation sociale tant au niveau des classes sociales défavorisées que des classes moyennes. De même que les problèmes récurrents tels :les transports, l’énergie, la violence. Sans nul doute la Corse cumule l’ensemble des déficits subits par l’ensemble des citoyens français auxquels s’ajoutent nos propres carences.
Si la Corse va mal, même si l’on peut imputer à la France nombres de nos problèmes, force est de constater que dans le contexte actuel la Corse a une immense responsabilité dans de crise que nous subissons.
« Nous n’avons jamais saisi la chance que se présentaient à nous ». C’est en ces termes que Claude Olivesi campe son constat. « Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parcequ nous n’avons jamais voulu moderniser la Corse et l’échec du référendum sur le statut de la Corse est notre échec le plus cuisant »
Pierre Chaubon qui partage ce point de vue considère que « le peuple a été trompé ». Trompé par Sarkozy mais aussi par les tenants du conservatisme insulaire. « Pour ne pas avoir donné au processus de Matignon une fin heureuse nous sommes aujourd’hui revenus au schéma initial, celui d’y il a trente ans ». Pour Pierre Chaubon la tromperie continue. Les déclaration préfectorales qui affirment que la Corse va mieux en sont la preuve et le comble c’est que ces contrevérités sont relayées par des leaders politiques qui poussent la duperie jusqu’à affirmer que le redressement aurait débuté dès le lendemain de l’échec du référendum sur la Corse.
La société corse, de l’avis général se dégrade. Même si le schéma nous ramène trente années en arrière, les indicateurs économiques nous prouvent que la dégradation est constante. La mafia est un élément nouveau et très inquiétant. Les valeurs de la société agro-pastorale disparaissent au profit de comportements individualistes marqués par l’angoisse et par la montée du racisme.
Quelles sont donc nos marges de manœuvres ?
Pour Claude Olivesi c’est à partir de constats de blocages forts qu’il est nécessaire de prendre position et d’engager la réflexion et mettre en place des actions toutes aussi fortes. Premier constat fort « notre économie n’est pas libérée puisqu’elle est administrée ». Cela implique un secteur privé sous perfusion et une immense fonction publique. Cela rend le peu d’emplois sur le marché captifs d’un système basé sur le clientélisme et les clans. « Pour se donner des marges de manœuvre je suis de ceux qui pense qu’il est impératif de rompre avec ce système qui fait la preuve de son improductivité »
Pour Pierre Chaubon les marges sont plus importantes qu’il n’en paraît. « Le nouveau statut de la Corse, si on l’utilisait, offrirait d’énormes possibilités, beaucoup d’avancées seraient alors possibles. Malheureusement les manettes du pouvoirs ne sont pas dans les bonnes mains, la majorité de droite et son équipe dirigeante sont incapable de tirer profit de l’outil statutaire ».
Certes les marges existent, mais de l’avis des participants le seul changement de pouvoir de la gauche vers la droite ne nous garanti pas une évolution pour autant. Le clivage en Corse se situe entre conservateur et progressistes. Le peuple de gauche devra opérer des choix cornéliens. Le PRG, leader du mouvement des gauches en Corse est le tenant du conservatisme. Alliance des conservateurs est aujourd’hui tacite mais visible. La droite gouverne le territoire par la seule volonté du parti radical. Pour ne pas devoir donner une part aux progressistes, fussent ils de gauche, on bafoue la volonté citoyenne qui a pourtant refusé de donner à la droite la majorité, comme dans presque toutes les régions de France.
Claude Olivesi tient pour pertinent le clivage conservateur-progressistes. Il précise que son engagement politique l’a toujours amené à tenter des solution d’ouverture et de modernisation.
Pierre Chaubon rappelle son engagement dans le processus de Matignon. Il a été le principal artisan de sa synthèse. Il regrette que les conservateurs aient faits échoués cet espoir. Il tient à innclure dans le groupe des conservateur les nationaliste tenant de la voie de la violence. « ils ont participé par leur immobilisme à l’échec ; dos à dos les clans et les clandestins doivent être rejetés car leurs forces corrosives loin de se neutraliser s’ajoutent »
Dans ce cas comment entrevoir une lueur d’espoir, tant pour la gauche que pour la Corse ?
« La démocratie c’est la solution et l’espoir . Il faut partir de la base, du citoyen, de ses préoccupations c’est la premières condition.. Il faut revisiter ensuite le schéma inter collectivité pour gagner en efficacité. Dans ce sens, plutôt que de poser la seule question institutionnelle il serait judicieux de poser la question statutaire, cette question est fondamentale et se reposera de toute façon à la France ». Pierre Chaubon rajoute que le jour où l’inter communalité aura maillé tout notre territoire se posera la question fatale : « Quel est l’échelon en trop ? ». De Gaulle en son temps avait tranché dès 1968 la question, nos deux invités considèrent que l’intercommunalité et la région est le couple dont il faut souhaiter aujourd’hui le mariage. L’espoir existe, les solutions aussi. Un système politique basé sur la démocratie adossé aux citoyen à toutes les chances de réussir. L’arme fatale : c’est le bulletin de vote. C’est à travers lui. C’est pour cela qu’il faut parier sur l ‘avenir, croire en la forces des idées et un projet pour notre pays.
Mais comment bâtir ce projet ? Quelles sont les forces susceptibles de le promouvoir ?
Pour les deux élus c’est à travers la force du débat citoyen c’est de faire converger les idées. Un forum dans un premier temps paraît être un lieu idéal. Des initiatives existent, nous les soutenons. Il émanera forcément une force populaire. Aujourd’hui il est illusoire de penser que les partis politiques puissent être les initiateurs d’une telle démarche. Le débat pourra être le lieu premier ou se bâtira le projet. Ce projet sera la colonne vertébrale qui permettra la fédération des citoyens. La construction d’un projet permettra de sortir de la tromperie, des phantasmes, des mythes et en partant de notre réalité aller vers l’avenir. Mais pour cela il faut la volonté de faire converger les hommes, il faut obligatoirement se tendre la main… Il faut un « aggiornamento » nous dit Claude Olivesi. Si les organisations traditionnelles ne répondent plus à l’attente, il nous faut trouver de nouvelles voies mais la finalité restera le pouvoir. Car sans lui aucun projet ne verrait le jour… Le parti politique en Corse est trop étroit pour porter seul un projet, il faut converger vers d’autres forces. Vers toutes les forces démocratiques qui portent en elles les principes de démocratie et de citoyenneté. Qui partagent les valeurs de l’humanisme ouvertes sur le monde fondamentalement opposé à toute violence politique en s’opposant aux visions nationalistes jacobines partagées par tous les conservateurs de ce pays. Ces forces de l’avis de tous existent, elle sont présentes dans notre société à travers les hommes et les femmes simples citoyens de la société civile ou encore élus de collectivités locales départementales et territoriales. Ces hommes ces femmes sont prêts, pourquoi ne pas tenter de les fédérer ? Pierre Chaubon et Claude Olivesi qui se reconnaissent dans ces forces pensent eux aussi qu’elles représentent un électorat certain.
Le projet c’est ce qui importe le plus. Les participants au débat pensent qu’il devra répondre aux questions qui sont fondamentales pour l’avenir de la Corse : Quel est le système politique qui nous convient le plus ? Comment la culture corse servira de point d’ancrage au projet ? Comment la Corse s’ouvrira sur son environnement immédiat en y incluant l’ensemble de la population de la Corse ? Claude Olivesi pense que parmi les questions il sera important de répondre à la problématique du travail : « Comment placer le travail au centre du projet pour convaincre chacun, que seul il libèrera la Corse de son aliénation ? » Pierre Chaubon ajoute : « Il faudra oser la question de l’économie de marché et des ressources futures, repenser la décentralisation, le rôle de l’Etat, oser l’adaptation législative et réglementaire dans tous nos domaines de compétences, répondre aux questions clés : Les transports, l’énergie, les déchet, l’urbanisme. »
In fine l’espoir pourrait revenir. Malgré les indicateurs, le volontarisme de certains la volonté de converger des autres sont réels. Il faut en tenir compte et désirer que cela structure un mouvement politique. L’avis partagé c’est que seul au bout du compte le pouvoir donnera au projet citoyen une existence. Si l’on peut espérer il est alors impérieux de bâtir§ La question des alliances se pose forcément. A gauche d’abord mais aussi avec tous les forces progressistes et démocratique de l’île y compris les nationalistes. Chacun oeuvra pour ces rapprochements qui loin de provoquer un coup électoral devront se faire bien en amont des échéances. Claude Olivesi et Pierre Chaubon ont d’ores et déjà donné l’exemple, à travers ce débat, entre eux et avec les débatteurs du soir qu’ils étaient prêt à s’engager dans le pari d’une modernisation de la vie politique insulaire.
Notre groupe continuera donc à mettre en débats, à travers d’autres thèmes les hommes et les femmes désireux de participer à cet élan citoyen et favoriser la convergences et les alliances de ces citoyens mus par leur volonté de moderniser la Corse de demain
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| Débat jean Christophe Angelini décembre 2005 |
| Seules des alliances et une prise de pouvoir démocratique permettra un avenir à la Corse | Après un court historique de son mouvement politique le PNC, Jean Christophe Angelini a d’emblée axé son discours sur la problématique du débat en affirmant qu’il existe en Europe des alliances entre forces progressistes et nationalistes : en Espagne, dans le Val d’Aoste, en Ecosse… Cette affirmation pose au moins trois questions qui suscitent un éclaircissement.
Le nationalisme n’est il pas fondamentalement réactionnaire ?
Y a-t-il des forces progressistes réelles en Corse ?
Ces alliances sont-elles possibles en Corse et ne relèvent-t-elles pas du phantasme ?
Jean Christophe Angelini estime les éclaircissements incontournables car indissociables d’alliances qu’il souhaite profondément et pour cela il argumente.
« Le cadre actuel ne peut être satisfaisant, il bloque les initiatives. 360 communes, deux départements, une collectivité territoriale, c’est trop, surtout si l’on considère que certaines sont aujourd’hui au bord de la faillite !
La paupérisation de la Corse est réelle, les réductions du déficit public, la sortie de l’objectif n°1 européen va accélérer ce mouvement négatif et renforcer le système actuel basé sur le clanisme et le clientélisme.
On peut constater que ni le clan de droite ni celui de gauche ne peuvent faire évoluer la Corse. Le principe de l’immobilisme va à l’encontre de toute avancée.
Il faut donc politiquement changer de système. Seule une alliance des forces de progrès est susceptible de sauver la Corse en la sortant de la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve ». C’est pourquoi, Jean Christophe Angelini appelle de tous ses vœux un rapprochement des forces de progrès avec les nationalistes.
Face à cette présentation, une observation a été faite. Une alliance ne peut être réalisée qu’entre forces démocratiques ; la violence et l’organisation de groupes politico-militaires représentent donc dans ce contexte un écueil majeur. Jean Christophe Angelini reconnaît que la violence de la lutte armée tout comme la violence sournoise du PRG et de l’UMP sont des freins. Pour ce qui le concerne il est clair qu’il ne faut plus d’attentats. Il constate que : « ces derniers ont considérablement diminué et qu’ils ne constituent plus, pour les tenants de la lutte armée qu’une recherche de solutions plutôt qu’une volonté politique ». Il considère que nous sommes dans la fin d’un cycle, que chacun cherche aujourd’hui un compromis et que cette quête en vaut la chandelle. Jean Christophe Angelini ne doute pas de l’institution dans le cas d’un compromis historique d’une trêve longue et à l’instar de l’Irlande, conduira à une auto dissolution du FLNC.
Sur ce point il a été rappelé que par le passé nous avons eu aussi des cycles attentats-trêves et que le pari de changer les violents avait été fait mais que les partisans de la lutte armée n’avaient pas joué le jeu. Référence aux 100 attentats la veille des municipales de Bastia alors qu’Edmond Simeoni était en bonne position électorale.
Jean Christophe Angelini reconnaît les faits, mais rappelle qu’en 20 ans la situation n’est plus la même, un cycle est en train de se terminer. Les conditions sont aujourd’hui réunies pour un changement en profondeur des nationalistes. Les tentatives de marginalisation vont à l’encontre d’une évolution de la Corse. « Malgré tout je suis conscient qu’aucune alternative ne sera possible si la situation de violence n’est pas claire et cela pour chacun des partenaires de l’alliance, c’est pourquoi il faut dès aujourd’hui forcer l’évolution et aider nos partenaires en cela ».
La violence n’est pas le seul frein, il existe d’autres obstacles internes aux nationalistes. De gros progrès sont à réaliser au niveau idéologique. La seule exaltation identitaire porte en elle la dérive et les germes de l’exclusion. Il est nécessaire de s’attacher plus au peuple qu’à la nation, à sa problématique quotidienne. « Etre pragmatique aujourd’hui ce n’est pas tendre vers un état mais plutôt vers une autonomie comme en Sardaigne. Cela est possible et permet de sortir du mythe que l’indépendance permettrait de tout résoudre tout de suite. Nous ne sommes déjà pas capables d’exercer les compétences qui nous sont attribuées ».
Sur ce point un échange s’engage mettant en avant ce qui constitue pour tous des freins dans le mouvement nationaliste. Les nationalistes ont toujours accordé beaucoup plus d'importance à la surenchère des mots qu'aux initiatives progressistes.
Cette inflation d'étiquettes ou de mots, du nationalisme corse à la république corse a été utilisée non pas après une évolution idéologique mais comme repoussoirs à ceux qui désiraient une recomposition.
Mais aussi la culture de l’opposition du toujours contre l’état, l’éternelle vision protestataire est antinomique d’une posture de prise de pouvoir et de responsabilisation. L’exemple qui vient à l’esprit est la participation aux accords de Matignon et le peu d’engagement dans la campagne électorale allant même jusqu’à ne pas mandater d’assesseurs le jour de l’élection. Les nationalistes ont participé à l’échec du référendum, de fait ont permis la réhabilitation du clan.
Jean Christophe Angelini concède que cette posture participe à un manque de clarté. Qu’il faut donc inventer un autre chemin politique et procéder à un aggiornamento ! Il fait remarquer que dans le manque de lisibilité il est nécessaire de considérer le camp progressiste. Comment comprendre la position de Paul Giacobbi, du PS, de Simon Renucci ! « On ne peut décemment demander aux autres toutes les vertus ».
Sur ce point l’accord est unanime, les forces de progrès, doivent s’organiser, De l’avis de tous c’est un besoin qui devrait se traduire en force politique de propositions et d’actions pour relever le défi d’une nouvelle société corse. Ne principe de convergences tel que l’a proposé Jean Christophe Angelini n’est pas écarté, reste à bâtir un contenu… Et là encore un compromis devra être réalisé. Pour les participants ce qui importera en premier lieu sera le contenu social. Eviter les tentations poujadistes maintes fois observées chez les nationalistes. La réalité aujourd’hui c’est 10% de la population active au RMI. Il est donc nécessaire de dépasser les simples vœux pieux et d’affronter l’économie en terme de création d’emplois sinon, face à l’assistanat promu par le clan, aucun projet ne pourra résister. De même qu’il faudra être scrupuleux sur le droit du travail.
Jean Christophe Angelini ajoute que le projet ne pourra exclure les grands dossiers comme la réforme de la fiscalité, le code des investissements avec comme garde fou la loi littoral. 2007 est une perspective importante alors se discutera le PADDUC et le PLU. Il faut être volontariste, c’est pourquoi « face aux échéances le choix de tendre la main est le bon choix. Dans ce cadre, la victoire du candidat de gauche aux présidentielles est souhaitable».
Se resituer dans les conclusion du processus de Matignon est le souhait de nombreux participants, la victoire d’un candidat du PS pourrait favoriser ce souhait. C’est pourquoi l’échéance de 2007 sera aussi décisive pour les forces progressistes qui devront être alors en mesure de peser sur le scrutin ainsi que sur les législatives qui suivront.
Jean Christophe Angelini estime qu’il serait important que des accords permettent la victoire dans 50 mairies de Corse. « Partout il y a quelque chose à faire »
Nombre de participants soulèvent le besoin de préparer ces échéances. La mairie de Bastia et de Porto Vecchio pourraient être symboliques.
Le débat qui a eu lieu avec Jean Christophe Angelini a permis de mettre en évidence la volonté de converger, d’abord à travers le débat puis dans le temps à travers des projets communs. Conscients que face à la situation il faut aller de l’avant, sans tabou, la question de la violence à été abordée et placée au centre d’un compromis sans lequel rien ne pourra se faire.
Jean Christophe Angelini en jouant le jeu du débat citoyen a permis la confrontation des idées et nous a convaincu sur le bien fondé de notre démarche progressiste. Reste à continuer à faire vivre notre parole libre et au-delà, nous organiser. Au bout du compte, si aujourd’hui en Corse tout à échoué, reste alors à favoriser un autre chemin, une autre voie, celle que l’on appelle la troisième ; les hommes qui la soutiennent existent, il suffit de les rassembler, c’est le vœu politique que nous formulons pour 2006.
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| débat avec Leo Battesti novembre 2005 |
| Donner sa chance à la démocratie | Gauche corse Manca corsa a organisé mercredi 23 novembre à la maison des associations à Bastia une réunion dont l’invité était Léo Battesti. Comme beaucoup en Corse aujourd’hui et à l’instar de notre groupe Léo Battesti participe à la création d’un forum. Air du temps ou nécessité? Objectifs et modalité? Autant d’interrogations que les débatteurs du soir ont essayées d’aborder.
Après un court historique sur le forum organisé par notre groupe suite aux dernières élections territoriales, certains de nos membres ont voulu mettre l’accent sur le fondement de notre forum : « ni chef, ni parti, seulement des citoyens qui débattent en toute tolérance en toute démocratie.
Léo Battesti a débuté son intervention par un constat de notre société insulaire : « Système en totale dérive, déstructuration, résignation, absence de contre pouvoir. Le système clanisme et clientélisme passe aujourd’hui à travers tous les mouvements politiques qu’ils soient de droite, de gauche ou nationaliste. Pourtant nous ne devons pas nous résigner », continue Léo Battesti. Pour cela nous dit-il, « il est nécessaire de faire de la politique et se placer en totale rupture avec ce système que nous combattons. Il faut aller vers le citoyen, c’est la seule façon, sans langue de bois de clarifier et de renforcer la démocratie. Il est impérieux d’empêcher la généralisation d’un système qui a permis à la maffia de s’implanter massivement ». Dans un tel contexte, convient-il, la création d’un forum serait de nature à changer la donne. « Ce serait un acte positivement révolutionnaire ! »
Cette présentation a suscité de nombreuses interventions tant sur le constat que sur la proposition.
Sur le constat. La Corse est malade même si cette maladie n’est pas spécifique à notre île. Car nous retrouvons ailleurs les mêmes difficultés sociales, économiques, culturelle, raciales. Pourtant on ne peut comparer la Corse à aucune autre région. Ici par exemple on ne brûle pas les voitures, mais la culture de la violence entraîne des jeunes à se regrouper, s’engagouler et procéder à des actes racistes. Vouloir résoudre les problèmes, comme partout dans le monde, c’est se pencher sur sa propre réalité, sur la quotidienneté. Cela n’élude pas, au contraire, le problème de la globalité et le fait que nous nous reconnaissions tous dans des valeurs qui reposent sur l’humanisme, la tolérance et la démocratie.
Sur le choix d’un outil politique. Les partis aujourd’hui en Corse sont en panne, soit ils participent au système, soit ils n’influencent en rien le cours des choses. L’espoir a été porté un temps par le mouvement nationaliste mais aujourd’hui il porte lui aussi la responsabilité de cet état de résignation mais aussi de peur. Peur est le maître mot. C’est lui qui tétanise les énergies, c’est bien lui qui facilite la crise et qui permet à la maffia de gangrener notre société. Face à cette situation de crise il faut trouver des solutions. Le forum pourrait être l’élément déclencheur.
Le forum. Il aurait vocation à regrouper les citoyens de ce pays avec des compétences dans tous les domaines possibles : économique, social, culturel, politique. Il faut solliciter la société civile. Il faut faciliter à travers le forum les convergences. Ce qui est visé, c’est l’investissement du citoyen qui doit œuvrer pour la remise en cause du fonctionnement actuel de la Corse. Le citoyen doit être l’élément central et moteur de notre société, sans calcul, ni contingence électorale. La Corse moderne, sera une Corse capable de se donner des perspectives en échappant à l’assistanat et au clientélisme. Nous avons une immense responsabilité, on ne peut plus se contenter d’accuser en permanence l’Etat !
Comment fonctionnera ce forum ?
Rien n’est bouclé aujourd’hui, le forum sera ce que nous voudrons qu’il soit. Certes il faudra le mettre en place techniquement. Certains écueils devront être évités : la discussion de comptoir, la manipulation de la parole, sa substitution mais aussi ne donner d’importance qu’aux seules paroles d’experts. Le forum devra néanmoins permettre l’émergence de convergences, la fédération et instaurer un rapport de force dans notre société insulaire. Au-delà de cette force, le forum sera un lieu d’interrogation, d’écoute, de dialogue autant que de pratiques tout ce qui aujourd’hui fait tellement défaut en Corse. L’objectif majeur est la citoyenneté, c’est le passage obligé. Le forum n’a pas vocation à changer le politicien, il a pour vocation de changer la société ! .
En conclusion
La discussion sur le forum a permis de mettre en évidence devant une assistance très intéressée par le thème, une volonté de débat, de rupture avec le fatalisme mais aussi d’affirmation de convictions. Certes si pour certains participants in fine ce qui comptera ce sont les actes, la création d’un forum a suscité un intérêt évident et un désir de participation. Cette démarche n’est pas incompatible avec un engagement politique. Elle dénote d’une volonté de promouvoir le citoyen. C’est de toute façon l’essentiel car pour nous Gauche-corse Manca corsa, il ne pourrait y avoir de victoires électorales futures sans que le citoyen soit porteur de son propre projet politique. Tout ce qui concoure à l’émergence d’un home corse citoyen doit être favorisé. La création d’un forum à la dimension de notre territoire pourrait de ce fait être considéré comme un événement majeur.
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