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Dimanche 18 Février 2007



Texte de travail soumis à amendement

Alternanza democratica Alternance démocratique

La corse est une île en crise depuis plusieurs décennies, cette notion de crise recouvre deux réalités bien différentes et à différencier pour permettre d’amorcer des actions efficaces : une mutation rapide et profonde de la société corse et de son environnement ainsi qu’ « un mal développement ».

La Corse a été à la fois protégée et appauvrie par le jacobinisme et l’Etat-Nation. Protégée sur le court terme par les richesses issues de la participation des corses à l’expansion de l’empire colonial français puis par des politiques d’assistanat en corse. Mais aussi appauvrie car, vidée de ses forces, vidée de sa capacité à espérer et à construire.
Aujourd’hui, la réalité de grands espaces marchands, de grands flux d’échanges, facilitent la reconnaissance de nos spécificités, mettent en avant nos handicaps structurels et nous obligent à revoir notre avenir.

La Corse est aussi en crise de « mal développement » économique, de manque de reconnaissance culturelle et de perte de confiance en ses forces et ses valeurs.

La Corse est donc en double constat : une crise qui perdure, des potentialités humaines et naturelles importantes. Elle est aussi mue par un double mouvement : c’est une île qui peut enfin dialoguer avec ses voisins non nationaux mais qui se retrouve aussi dans des flux et des enjeux auxquels elle n’était pas préparée par tant d’années d’assistanat.

Echec des politiques
La Corse a obtenu plusieurs statuts particuliers depuis 25 ans ce qui la place dans une situation de véritable décentralisation sans pour autant atteindre l’autonomie de plusieurs îles ou régions d’Europe.
Ces statuts ont été obtenus contre la volonté des élus majoritaires et conservateurs. Ces statuts, dont l’actuel, n’ont jamais été appliqués avec l’ensemble de leurs prérogatives. La classe politique conservatrice, aux mannettes depuis 25 ans, reste largement plus soucieuse de garder le pouvoir sur la société et sur les maigres flux économiques, que de se soucier du développement de la Corse.

1 L’alternance démocratique est un défi et une chance

La démocratie a besoin d’alternance, de nouveaux élus qui sachent gérer, impulser, construire une nouvelle politique, proposer un nouvel avenir.

Les alliances objectives entre une partie de la gauche et de la droite ne conduisent qu’à l’inertie et au renouvellement d’une classe politique quasiment uniquement par la filiation.

La Corse est en panne depuis plusieurs décennies et heureusement, il existe de nombreux individus ou groupes qui cherchent à sortir la Corse de l’ornière dans le respect de la voie démocratique et ce, par exemple, dans divers domaines économique ou culturel.


2 Transformer la Corse par la démocratie est une nécessité

Il s’agit de faire confiance en l’intelligence et aux capacités de mobilisation sociale et politique des corses. Ce principe implique de construire une démocratie la plus participative possible, une décentralisation intelligente et une exclusion des pratiques non démocratiques telles que la violence clandestine, les pratiques mafieuses et le clanisme.

Prendre le pouvoir c’est aussi, au-delà de la nécessaire gestion des affaires publiques, tenter de transformer les mentalités par son action, ses paroles et l’éthique à mettre en œuvre.


3 Une économie de marché au service du progrès social

Le développement de la Corse doit profiter à tous. L’économie de marché doit être régulée pour permettre au plus grand nombre d’atteindre le « bien être », elle doit aussi permettre de servir l’intérêt général. Le développement de la Corse se construit à partir de ses richesses naturelles et humaines tout en les respectant. Respecter les richesses de la Corse c’est offrir un avenir à sa jeunesse.

Les inégalités ne sont pas les moteurs des progrès et de la croissance. La recherche d’égalité des chances est le moteur de l’action politique démocratique pour les progressistes.


4 La corse et les institutions du pragmatisme

La Corse doit encore plus intégrer l’Europe et développer des partenariats privilégiés avec, par exemple, ses proches voisins. L’Europe doit devenir plus sociale, plus politique et intégrer encore plus et mieux les réalités régionales et insulaires. Mais l’Europe ne peut rien sans des politiques locales efficaces, il est illusoire de s’en remettre une fois encore à une entité extérieure pour régler nos problèmes.
Le débat institutionnel n’est jamais clos. Mais il ne doit pas servir d’exutoire ou d’alibi à l’inertie.
Avant tout nouveau transfert de compétences vers la Corse il convient d’utiliser à fond le statut qui est le nôtre. Les demandes d’évolution vers une autonomie plus poussée se feront naturellement et en fonction des besoins du peuple corse.


5 L’humanisme en politique, une éthique concrète

Le comportement individuel dans la vie publique de l’élu est étroitement lié à la confiance qu’il inspire aux citoyens et au respect que chacun doit à la l’idée de démocratie.

Par ailleurs, l’Homme n’est pas qu’un simple « outil » de l’économie ou une variable ajustable. L’Homme possède plusieurs dimensions, capacités et compétences.

Le respect et le développement des cultures minoritaires parfois sans raisons économiques découlent de ce constat. Ainsi en Corse le développement d’une culture intégrant la langue, une culture toujours en mouvement intégrant les enrichissements extérieurs et temporels doit s’appuyer sur une politique des pouvoirs publics volontaristes, par exemple dans le domaine linguistique la mise en place du bilinguisme. Dans cet état d’esprit cette volonté ne nait pas d’une idéologie nationaliste mais humaniste.

Cette action des pouvoirs publics pour sauver et développer une politique culturelle ou même économique doit être envisagée chaque fois que le marché ne répond pas aux objectifs d’une politique humaniste, sociale et de progrès.

Les exemples ne manquent pas au niveau international de mise en place de telle politique (exception culturelle par exemple).




6 Les immigrés et leurs enfants, partie intégrante de nos atouts

La Corse est passée en quelques décennies d’une terre d’émigration en territoire d’immigration. Cela parait un dur chemin traumatisant dans l’esprit de beaucoup.
Les immigrés et leurs enfants, petits enfants sont une part importante de la population et de la vie de l’ile ; ils y apportent des compétences, des richesses culturelles et du sang neuf. La Corse souffre de déficit démographique, pour des raisons humanistes et économiques il est indispensable de mieux intégrer les populations immigrées à la vie de la Corse. En ce qui concerne la culture, leurs apports enrichiront notre culture, nos langues française et corse.



7 Une action tournée vers l’avenir

« La terre nous est prêtée par nos enfants »

Il ne peut y avoir de développement égoïste et à court terme. Dans cette optique la maîtrise de l’énergie et le développement des énergies renouvelables, le traitement par filière des déchets doivent se mettre en place sans attendre.

De même, le développement des filières d’agriculture biologique doit être impérativement privilégié.
Au-delà de la vision humaniste du développement durable, il s’agit d’un enjeu majeur pour la Corse qui ne peut vivre et se développer notamment dans le tourisme, que grâce à son image de nature préservée.

Des côtes mitées, bétonnées, des pollutions de souffre ou de dioxine nuiraient, bien entendu de façon scandaleuse à la population, mais aussi, et les décideurs économiques doivent s’en souvenir, au tourisme.


8 Des transports au service d’un projet

La Corse est une ile, il convient de ne pas l’oublier. Il faut donc assurer une desserte de service public adapté aux besoins de la Corse et de sa population
Les réseaux internes physiques (routes et chemins de fer) doivent faire l’objet d’un véritable « plan d’urgence » afin de doter la Corse d’un réseau ambitieux. Ces communications internes de qualité doivent se doubler de réseaux de communication électroniques, télématiques…..
En même temps que ce développement des réseaux, des choix pourront ainsi s’effectuer en ce qui concerne le nombre d’infrastructures physiques dispersés sur le territoire (exemple : ports et aéroports)


9 Le tourisme pour asseoir notre développement

Le développement de nouveaux lieux touristiques ne parait pas forcément une priorité absolue.
La remise en cause de la loi « littoral » relève plus du débat sur la spéculation immobilière que du développement du tourisme.
Notre île a besoin du tourisme mais cette manne financière serait plus profitable si la Corse produisait les matières consommées par les touristes. Elle en profiterait aussi encore plus si elle bénéficiait d’une saison plus longue avec des structures remises à niveau et des personnels formés.

Le tourisme va de paire avec une nature protégée et une image de la Corse immaculée.


10 Une agriculture de qualité et en croissance

Les diagnostics et études sur l’agriculture corse sont nombreux et souvent pertinents. Il faut arrêter la démagogie et mettre en œuvre une vraie politique ciblée, ce qui implique des choix courageux. L’agriculture doit s’appuyer sur de vrais professionnels formés au service de leur passion mais aussi impliqués dans le grand dessein corse par exemple en lien avec la volonté d’une Corse tournée vers le développement durable.
De toute façon les besoins en eau, le coût de l’énergie, le retraitement des déchets et l’attente des consommateurs en produits sains bousculera l’avenir.
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