 |
|
 |
Synthèse Jean Toma, Carolina Casimiri, mars 2007
|
|
Via Prugressita a réuni un débat citoyen sur le thème : « la Gauche et la Droite de Corse sont-elles anti-progressistes ? » Invités pour animer ce débat, Jean Toma, maire de Sari Sulinzara, Président de la fédération territoriale corse de l'UDF et Carolina Casimiri vice-présidente du parti républicain et radical (Valoisien).
L’état des lieux en France
Pour Jean Toma le contexte des présidentielles nous permet de mieux appréhender la situation locale, en effet au niveau national, en abordant la problématique sociétale sous l’angle du nationalisme, la Droite comme la Gauche se protègent et nous trompent sur les véritables solutions. La France, même si elle peut revendiquer une place de cinquième puissance doit relativiser sa position. Face à la mondialisation elle ne pourra pas, seule, endiguer le capitalisme sauvage et la prégnance des milieux financiers sur l’économie à la recherche de bons coups et de coûts bas en délocalisant et en investissant massivement avec des fonds de pensions. Elle ne pourra pas non plus empêcher la Chine et l’Inde de se tailler une part de lion sur notre marché et n’évitera pas non plus que ces dernières se lancent à moyen terme dans des prestations intellectuelles qui entraîneront l’ultime catastrophe économique. Pour Carolina Casimiri, la Gauche et la Droite sont prisonnières de leurs idéologies de leur centralisme républicain. L’Europe est aujourd’hui un marché de 500 millions d’habitants avec le plus grand pouvoir d’achat du monde. Cet ensemble est le seul à pouvoir négocier avec l’OMC dans le respect des droits sociaux et des droits de l’homme. En écartant volontairement ce sujet essentiel les partis politiques démontrent que leur vision par rapport à la société se restreint à leurs seuls intérêts nationaux. L’enjeu véritable est de faire basculer la France dans la modernité et non de renforcer les immobilismes et les tensions.
L’état des lieux en Corse
Ce qui caractérise la Gauche et la Droite de Corse au regard de ce qui vient d’être dit au plan national c’est une grande dépendance vis-à-vis de l’Etat et sa volonté d’immobilité. Le système en Corse regroupé autour de deux clans principaux a toujours négocié avec celui-ci, principalement des emplois publics. Dans une telle situation, face aux problématiques énoncées auparavant la Corse subit de plein fouet les effets de la mondialisation, la Gauche et la Droite ne peuvent répondre aux enjeux de l’avenir. Préoccupées par leur propre réélection, les solutions urgentes de mutation ne sont pas prises, pire elles sont refusées. La preuve en est l’échec du référendum sur le statut particulier ou il est apparu évident que les clans freinaient des quatre fers pour qu’aucune évolution ne puisse voir le jour, bien aidés par le peu de mobilisation des nationalistes qui de fait ont fait le choix du statu quo. La Gauche et la Droite s’appuient sur les deux gros vecteurs susceptibles de fournir de l’emploi: le secteur public et les BTP. Aujourd’hui les collectivités explosent leurs budgets de fonctionnement laissant peser une grande menace sur l’imposition des citoyens. Cette politique entraîne la population active vers l’entonnoir d’un marché de l’emploi saturé. Il existe un accord tacite entre la Gauche et la Droite. Cette situation est évidente à l’Assemblée Territoriale. L’UMP minoritaire est aux affaires grâce au PRG laissant un arrière gout aux électeurs qui avaient pourtant voulu le changement. Aujourd’hui la CTC ne gère rien et n’assume aucunes de ses compétences majeures. Le féodalisme caractérise la Gauche et la Droite ce qui se traduit par un assujettissement vis-à-vis de l’Etat et un asservissement du peuple. L’homme de Corse est considéré comme un client et non comme un citoyen. Comment dans ce tel cas de figure envisager un quelconque progrès?
.
Que faire ?
Au niveau de la France les Institutions ne sont plus adaptées aux exigences de la société. Une réforme des institutions s’impose. La France doit devenir véritablement fédérale avec une représentation qui admet une dose de proportionnelle. Le parlement doit être le reflet de la société à travers sa diversité sociale, culturelle et politique. Plus que l’Etat nous devons remettre en cause l’aristocratie parisienne, les faits du prince, le cumul des mandats en nombre et en durée, la multiplication des échelons administratifs sources de l’augmentation inexorable de nos impôts. Arrêter de confondre emplois public et Service public, privilégier et soutenir l’émergence des initiatives entreprenariales des PMI et des PME. Ce qui est valable pour l’hexagone l’est tout autant pour la Corse. Nous sommes aujourd’hui un territoire sous développé et caricatural au niveau organisationnel. Dans ce contexte force est de constater qu’il est aujourd’hui impossible de faire confiance à la Droite et à la Gauche pour initier le progrès. Le compte n’y est pour personne. Ni pour les gens de sensibilité libérale car aujourd’hui la libre entreprise n’existe pas en Corse, ni la concurrence. Le système en place est totalement défavorable à une libéralisation des énergies créatrices d’emplois. Le patrimoine ne peux être valorisé, l’investissement n’est ni favorisé ni protégé, les risques sont majeurs! Ni pour les gens de sensibilité sociale car l’emploi est précaire, l’assistanat important, le chômage est énorme et favorise le clientélisme, les prix sont élevés et le pouvoir d’achat plus bas que sur le continent. La condition des salariés et particulièrement celle des femmes est peu enviable, le niveau de qualification et ses marges de progression sont très faibles. Pourtant au regard des différentes élections, principalement dans les villes, les résultats démontrent qu’une majorité d’hommes et de femmes en Corse sont libres. Il existe donc un réel espoir.et il faut s’en persuader. Malgré un système de mise sous tutelle, de fraudes et d’intoxication tout est possible. La défaite de la Droite à Ajaccio aux dernières municipales, celles de Bastia et les dernières Territoriales sont d’autres exemples qui nous prouvent que les coups sont jouables, que la victoire est envisageable, qu’il suffit pour cela d’être mobilisé, bien organisé et d’avoir une stratégie.
Quelle stratégie?
La classe politique au pouvoir est aujourd’hui disqualifiée. Ce sont des archaïques conservateurs. C’est à partir d’un mouvement de citoyens, de gens libres, respectueux de la démocratie que viendra le changement. Il existe des femmes et des hommes en Corse qui ont ce profil. Ils sont issus de tous les courants politiques : de Gauche, de Droite, de Progressistes, de Corsistes et de Nationalistes. Cela représente un gros potentiel électoral. Il faut rechercher une autre voie et la proposer à tous les citoyens. Des personnalités existent et ont déjà commencé à travailler à l’instar de l’intergroupe à l’Assemblée Territoriale. L’espace Via Prugressista pourrait servir à l’expression, la réflexion et in fine à la mise en place des convergences politiques.
Conclusion
Le PRG et l’UMP mènent inexorablement l’ile à un désastre économique social et culturel d’une grande ampleur. Le système des clans ne génère plus d’emplois ce que la Corse ne peut plus supporter. Pire, l’intrusion de Véolia prouve que ce système prête le flan aux grands prédateurs. Il est nécessaire d’enrayer la paupérisation et sortir des rapports de blocs sources de violences et d’insécurité ! Notre pays a des atouts importants pour réussir son avenir, tout est donc raisonnablement possible.
Le débat a prouvé qu’il existe beaucoup de personnalités et de citoyens qui aujourd’hui espèrent et veulent réussir un projet et la paix pour la Corse. Il est essentiel d’aller vers la concrétisation de cet espoir.
|
 |
| > Envoyer cet article à un ami |
|