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Débat Pierre Chiarelli Jean Charles Orsucci
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« Y a-t-il des progressistes pour changer le système ? »
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Autour du thème « Y a-t-il des progressistes pour changer le système ? », Gauche corse – Manqua corsa à réuni dans un débat citoyen deux témoins, acteurs de leur vie politique locale. Tous deux dans l’opposition municipale, l’un bastiais, l’autre bonifacien, deux élus partageant une même caractéristique : ils rassemblent et désirent rassembler autour d’eux des personnalités et des électeurs venus d’horizons différents. Ils se situent volontiers dans ce que nous pourrions appeler le mouvement progressiste. Une occasion intéressante de débattre du progressisme en corse, d’obtenir à travers ces acteurs politiques de terrain, des explications sur leurs démarches et réfléchir, à travers leurs expériences et leur engagement personnel si leur action politique en dehors des partis, ne renforce pas le système. In fine, interroger ces élus sur leur méthodologie de construction d’alliances et la mise en place d’une dynamique ?
Dans un premier temps, les deux témoins ont précisé leur conception de la politique. Jean Charles Orsucci se présente comme un membre du parti socialiste en marge de sa fédération de corse du sud, favorable a une décentralisation poussée jusqu'à l’autonomie. Il revendique un lien intellectuel avec son ancien professeur de l’université : Claude Olivesi. Il compare Bonifacio à une citadelle régentée par un potentat local, affilié au clan Rossa Serra. Pour lui, le terrain local permet à la politique sa véritable expression « c’est avec les citoyens que s’organisera notre avenir ».
Pierre Chiarelli est lui aussi un ancien du parti socialiste. Contrairement à Jean-Charles Orsucci il assume pleinement sa rupture « avec un parti qui, localement est totalement inféodé au clan Zuccarelli et dont les pratiques politiques sont aux antipodes de celles que nécessite le changement ». Il considère que Bastia est aussi citadelle et trouve amusant que du nord au sud de l’île l’on retrouve les mêmes caractéristiques politiques. C’est d’ailleurs à travers l’analyse de ces caractéristiques que le peut prouver comment et pourquoi le «clanisme» va à l’encontre du progres. Première évidence, le système claniste est purement électoraliste. C’est même, d’après Pierre Chiarelli « une véritable machine ». Le territoire de Corse est placé en coupe réglée, les maires sont sollicités, le nœud c’est le conseil général. En dehors des périodes électorales, il n’existe aucun fonctionnement, ce système qui ne repose pas sur la démocratie permet à ses membres les plus éminents de détenir l’économie, essentiellement basée sur les travaux publics et le commerce. De plus ce système laisse émerger progressivement mais inexorablement le milieu ce dont visiblement il s’accommode. fort bien… Le clan distille l’emploi, principalement public. Le clientélisme en Corse est la pratique commune. « La promesse d’un travail, un petit boulot, un simple stage suffit à faire tourner le machine. » Voilà le constat qui s’impose. La Corse fonctionne comme il y a cent ans. Aujourd’hui ce système archaïque est éminemment contre productif, il va à l’encontre d’une politique de l’emploi et d’un décollage de notre économie insulaire. C’est pourquoi, lutter contre ce système équivaut à lutter pour le progrès car sans une rupture avec le système il ne pourra pas y avoir d’espoir. Les progressistes doivent être les catalyseurs du changement, ce changement qui ne peut reposer que sur la seule volonté du peuple, à travers la démocratie. C’est aussi pourquoi, malgré nos convictions personnelles, le seul véritable clivage qui compte, n’est pas en Corse le clivage droite-gauche-nationaliste mais « pour ou contre les clans ».
Critiquer l’embauche locale ou aller à l’encontre des promesses électorale n’est-ce pas suicidaire ?
Pour Pierre Chiarelli il faut une justice sociale. L’embauche a des fins électorales met l’élu en porte à faux, il devient captif des groupes de pression. Sa seule stratégie possible c’est l’immobilisme sinon il y a forcément pour Pierre Chiarelli un effet « boomerang » comme dans le conflit des policiers de Bastia. La tentation serait pour ne pas déplaire tout simplement cette taire. Pour Pierre Chiarelli il est nécessaire de dénoncer car c’est la seule façon d’exister sinon on est mort politiquement. c’est même une impérieuse responsabilité pour Jean-Charles Orsucci « la Corse ressemble aujourd’hui à une république bananière où le droit est bafoué en permanence. En Corse du sud, de façon visible, on peut affirmer qu’il y a collusion entre l’Etat et les élus pour contrer les lois de la République. La loi littorale en est la preuve malheureuse. L’effet boomerang c’est aussi la réponse égoïste de l’ensemble des acteurs économiques « l’intérêt particulier passe toujours avant l’intérêt général. De ce fait on ne peut pas s’étonner des blocages à répétition de l’île, parfois par quelques poignées d’individus. La Corse est malade de son rapport social, dans ces conditions le sillon de la violence ne peut que se creuser davantage. la Corse est tétanisée par ces comportements, plus personne n’ose se rebeller… Il y a un réel danger pour la démocratie !
La Corse est-elle tout simplement complètement a droite ?
Le système claniste est inséré dans la société libérale qui s’étale sur le monde. Nous cumulons une double difficulté. Pourtant lors des dernières élections territoriales le peuple a voté majoritairement contre la droite, le contexte national avait joué, le peuple avait choisit alors en sanctionnant la droite, donné mandat aux opposants pour créer les conditions d’un nouveau pouvoir politique territorial.. Malgré cela, les leader politiques n’ont traduit cette volonté démocratique. Le clan de gauche représenté par le P.R.G avait bloqué toute velléité d’alliance, préférant laissé le clans de droite gérer minoritairement le territoire de corse. Le peuple qui avait voté un changement qi allait dans le sens du progres avait alors été floué.
Comment réussir localement et faire perdre les clans ?
Pour Jean-Charles Orsucci et Pierre Chiarelli « les progressiste doivent fédérer leur énergie » au niveau local c’est un programme de gestion devra être le support d’alliance. Pierre Chiarelli pense que cette stratégie portera ses fruits et prédit la chutte de nombreuses Citadelles…
Des alliance avec qui ?
Il ne peut y avoir des dogmatisme. Pour Jean-Charles Orsucci « puisque nous avons dit que le clivage se situait entre les clanistes et les progresistes, l’éventail est large , seul comptera l’éthique des candidas à l’alliance .» Pour Pierre Chiarelli « sont exclus les antidémocrates, les partisans du système et de la violence nocturnes» . Il est précisé aussi par nos deux témoins que le programme de gestion ne devra pas sombrer dans le populisme, qu’en aucune façon il ne faudra donner prise à des comportements anti- humaniste, voire racistes.
La stratégie locale est elle transposable régionalement ?
Certainement de l’avis de nombreuses personnes. L’exemple donné par nos deux élus prouve que toute stratégie d’alliance et de convergence doit trouver ses racines sur le terrain local . Le citoyen doit en être la pierre angulaire.
Quelle méthodologie ?
Il faut rependre la proposition de nos deux élus. C’est à travers un réseau de citoyens, d’élus progressistes, munis d’un contrat de gestion, d’une plate-forme que nous pourrions avancer.
Gauche corse-Manca corsa se propose donc d’aider à l’élaboration de la convergence. Il pourra être soumis aux différents témoins ayant participé aux débats, issus de milieux divers et variés du monde politique, économique, syndical, culturel, une plate-forme regroupant les résultats de nos synthèses citoyennes. Un débat avec amendements pourrait alors déboucher sur une plate-forme de convergence politique puis d’alliances.
Cette question méthodologique ayant recueillie un accord du principe, nous procéderons donc à cette élaboration dès le dernier débat prévu à la fin du mois de juin.
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