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Débat Pierre Chaubon Claude Olivesi février 2006
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CONVERGER POUR SE DONNER LES MOYENS D’UNE AUTRE POLITIQUE
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Après les débats qui tour à tour ont vu se succéder Léo Battesti, Jean Christophe Angelini, Gauche corse – Manca corsa a organisé à Bastia une nouvelle rencontre citoyenne avec comme invités : Pierre Chaubon, élu territorial CSD et Claude Olivesi élu départemental et maire de gauche afin de répondre à deux questions liées à une même problématique : quel avenir pour la gauche ? Quel avenir pour la Corse ?
A ces deux questions, de l’avis général c’est faire au préalable un constat sur la Corse et sur la « gauche » en particulier.
A l’écoute de Claude Olivesi et Pierre Chaubon les indicateurs poussent au pessimisme : précarisation, chômage, crise du logement, cherté de la vie, dégradation sociale tant au niveau des classes sociales défavorisées que des classes moyennes. De même que les problèmes récurrents tels :les transports, l’énergie, la violence. Sans nul doute la Corse cumule l’ensemble des déficits subits par l’ensemble des citoyens français auxquels s’ajoutent nos propres carences.
Si la Corse va mal, même si l’on peut imputer à la France nombres de nos problèmes, force est de constater que dans le contexte actuel la Corse a une immense responsabilité dans de crise que nous subissons.
« Nous n’avons jamais saisi la chance que se présentaient à nous ». C’est en ces termes que Claude Olivesi campe son constat. « Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parcequ nous n’avons jamais voulu moderniser la Corse et l’échec du référendum sur le statut de la Corse est notre échec le plus cuisant »
Pierre Chaubon qui partage ce point de vue considère que « le peuple a été trompé ». Trompé par Sarkozy mais aussi par les tenants du conservatisme insulaire. « Pour ne pas avoir donné au processus de Matignon une fin heureuse nous sommes aujourd’hui revenus au schéma initial, celui d’y il a trente ans ». Pour Pierre Chaubon la tromperie continue. Les déclaration préfectorales qui affirment que la Corse va mieux en sont la preuve et le comble c’est que ces contrevérités sont relayées par des leaders politiques qui poussent la duperie jusqu’à affirmer que le redressement aurait débuté dès le lendemain de l’échec du référendum sur la Corse.
La société corse, de l’avis général se dégrade. Même si le schéma nous ramène trente années en arrière, les indicateurs économiques nous prouvent que la dégradation est constante. La mafia est un élément nouveau et très inquiétant. Les valeurs de la société agro-pastorale disparaissent au profit de comportements individualistes marqués par l’angoisse et par la montée du racisme.
Quelles sont donc nos marges de manœuvres ?
Pour Claude Olivesi c’est à partir de constats de blocages forts qu’il est nécessaire de prendre position et d’engager la réflexion et mettre en place des actions toutes aussi fortes. Premier constat fort « notre économie n’est pas libérée puisqu’elle est administrée ». Cela implique un secteur privé sous perfusion et une immense fonction publique. Cela rend le peu d’emplois sur le marché captifs d’un système basé sur le clientélisme et les clans. « Pour se donner des marges de manœuvre je suis de ceux qui pense qu’il est impératif de rompre avec ce système qui fait la preuve de son improductivité »
Pour Pierre Chaubon les marges sont plus importantes qu’il n’en paraît. « Le nouveau statut de la Corse, si on l’utilisait, offrirait d’énormes possibilités, beaucoup d’avancées seraient alors possibles. Malheureusement les manettes du pouvoirs ne sont pas dans les bonnes mains, la majorité de droite et son équipe dirigeante sont incapable de tirer profit de l’outil statutaire ».
Certes les marges existent, mais de l’avis des participants le seul changement de pouvoir de la gauche vers la droite ne nous garanti pas une évolution pour autant. Le clivage en Corse se situe entre conservateur et progressistes. Le peuple de gauche devra opérer des choix cornéliens. Le PRG, leader du mouvement des gauches en Corse est le tenant du conservatisme. Alliance des conservateurs est aujourd’hui tacite mais visible. La droite gouverne le territoire par la seule volonté du parti radical. Pour ne pas devoir donner une part aux progressistes, fussent ils de gauche, on bafoue la volonté citoyenne qui a pourtant refusé de donner à la droite la majorité, comme dans presque toutes les régions de France.
Claude Olivesi tient pour pertinent le clivage conservateur-progressistes. Il précise que son engagement politique l’a toujours amené à tenter des solution d’ouverture et de modernisation.
Pierre Chaubon rappelle son engagement dans le processus de Matignon. Il a été le principal artisan de sa synthèse. Il regrette que les conservateurs aient faits échoués cet espoir. Il tient à innclure dans le groupe des conservateur les nationaliste tenant de la voie de la violence. « ils ont participé par leur immobilisme à l’échec ; dos à dos les clans et les clandestins doivent être rejetés car leurs forces corrosives loin de se neutraliser s’ajoutent »
Dans ce cas comment entrevoir une lueur d’espoir, tant pour la gauche que pour la Corse ?
« La démocratie c’est la solution et l’espoir . Il faut partir de la base, du citoyen, de ses préoccupations c’est la premières condition.. Il faut revisiter ensuite le schéma inter collectivité pour gagner en efficacité. Dans ce sens, plutôt que de poser la seule question institutionnelle il serait judicieux de poser la question statutaire, cette question est fondamentale et se reposera de toute façon à la France ». Pierre Chaubon rajoute que le jour où l’inter communalité aura maillé tout notre territoire se posera la question fatale : « Quel est l’échelon en trop ? ». De Gaulle en son temps avait tranché dès 1968 la question, nos deux invités considèrent que l’intercommunalité et la région est le couple dont il faut souhaiter aujourd’hui le mariage. L’espoir existe, les solutions aussi. Un système politique basé sur la démocratie adossé aux citoyen à toutes les chances de réussir. L’arme fatale : c’est le bulletin de vote. C’est à travers lui. C’est pour cela qu’il faut parier sur l ‘avenir, croire en la forces des idées et un projet pour notre pays.
Mais comment bâtir ce projet ? Quelles sont les forces susceptibles de le promouvoir ?
Pour les deux élus c’est à travers la force du débat citoyen c’est de faire converger les idées. Un forum dans un premier temps paraît être un lieu idéal. Des initiatives existent, nous les soutenons. Il émanera forcément une force populaire. Aujourd’hui il est illusoire de penser que les partis politiques puissent être les initiateurs d’une telle démarche. Le débat pourra être le lieu premier ou se bâtira le projet. Ce projet sera la colonne vertébrale qui permettra la fédération des citoyens. La construction d’un projet permettra de sortir de la tromperie, des phantasmes, des mythes et en partant de notre réalité aller vers l’avenir. Mais pour cela il faut la volonté de faire converger les hommes, il faut obligatoirement se tendre la main… Il faut un « aggiornamento » nous dit Claude Olivesi. Si les organisations traditionnelles ne répondent plus à l’attente, il nous faut trouver de nouvelles voies mais la finalité restera le pouvoir. Car sans lui aucun projet ne verrait le jour… Le parti politique en Corse est trop étroit pour porter seul un projet, il faut converger vers d’autres forces. Vers toutes les forces démocratiques qui portent en elles les principes de démocratie et de citoyenneté. Qui partagent les valeurs de l’humanisme ouvertes sur le monde fondamentalement opposé à toute violence politique en s’opposant aux visions nationalistes jacobines partagées par tous les conservateurs de ce pays. Ces forces de l’avis de tous existent, elle sont présentes dans notre société à travers les hommes et les femmes simples citoyens de la société civile ou encore élus de collectivités locales départementales et territoriales. Ces hommes ces femmes sont prêts, pourquoi ne pas tenter de les fédérer ? Pierre Chaubon et Claude Olivesi qui se reconnaissent dans ces forces pensent eux aussi qu’elles représentent un électorat certain.
Le projet c’est ce qui importe le plus. Les participants au débat pensent qu’il devra répondre aux questions qui sont fondamentales pour l’avenir de la Corse : Quel est le système politique qui nous convient le plus ? Comment la culture corse servira de point d’ancrage au projet ? Comment la Corse s’ouvrira sur son environnement immédiat en y incluant l’ensemble de la population de la Corse ? Claude Olivesi pense que parmi les questions il sera important de répondre à la problématique du travail : « Comment placer le travail au centre du projet pour convaincre chacun, que seul il libèrera la Corse de son aliénation ? » Pierre Chaubon ajoute : « Il faudra oser la question de l’économie de marché et des ressources futures, repenser la décentralisation, le rôle de l’Etat, oser l’adaptation législative et réglementaire dans tous nos domaines de compétences, répondre aux questions clés : Les transports, l’énergie, les déchet, l’urbanisme. »
In fine l’espoir pourrait revenir. Malgré les indicateurs, le volontarisme de certains la volonté de converger des autres sont réels. Il faut en tenir compte et désirer que cela structure un mouvement politique. L’avis partagé c’est que seul au bout du compte le pouvoir donnera au projet citoyen une existence. Si l’on peut espérer il est alors impérieux de bâtir§ La question des alliances se pose forcément. A gauche d’abord mais aussi avec tous les forces progressistes et démocratique de l’île y compris les nationalistes. Chacun oeuvra pour ces rapprochements qui loin de provoquer un coup électoral devront se faire bien en amont des échéances. Claude Olivesi et Pierre Chaubon ont d’ores et déjà donné l’exemple, à travers ce débat, entre eux et avec les débatteurs du soir qu’ils étaient prêt à s’engager dans le pari d’une modernisation de la vie politique insulaire.
Notre groupe continuera donc à mettre en débats, à travers d’autres thèmes les hommes et les femmes désireux de participer à cet élan citoyen et favoriser la convergences et les alliances de ces citoyens mus par leur volonté de moderniser la Corse de demain
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